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Échange stratégique

Naviguer dans l’incertitude : un cadre pour prendre de meilleures décisions de placement

27 juillet 2026

Téléphone intelligent fixé au tableau de bord d’une voiture, affichant une carte avec un itinéraire de navigation.

Personne n’est naturellement à l’aise avec l’incertitude. Nous préférons avoir une certaine idée de la direction à prendre, par exemple au moyen d’un ensemble d’attentes ou d’une carte qui nous aide à comprendre ce qui pourrait nous attendre et la façon dont nous pourrions réagir. Pensons à une commande de voiture Uber. Nous choisissons le type de véhicule souhaité, voyons une heure d’arrivée estimative, puis suivons sur une carte le trajet du chauffeur. La carte ne fait pas arriver la voiture plus rapidement, mais elle réduit l’anxiété liée à l’incertitude quant au moment où le chauffeur arrivera.

Malheureusement, le placement n’est pas accompagné du même type de carte. Les marchés financiers sont complexes, en constante évolution et façonnés par des forces qu’il est impossible de prévoir avec certitude. Or, la réussite en placement ne consiste pas à éliminer l’incertitude. Elle repose plutôt sur la capacité à s’y retrouver en prenant des décisions réfléchies malgré celle-ci. Le présent article examine un ensemble de principes décisionnels conçus pour aider les investisseurs à naviguer dans l’incertitude avec davantage de discipline, de confiance et de recul.

Principes de prise de décision

La prise de décision est souvent perçue comme un choix entre différentes options, mais sa véritable valeur réside dans le processus qui précède ce choix. Une prise de décision efficace exige des objectifs clairs, une compréhension des options disponibles et une évaluation rigoureuse des conséquences possibles. Il s’agit moins de trouver la « bonne » réponse que de faire des choix capables de résister à l’évolution des circonstances. Un processus robuste permet de distinguer les mesures qui semblent simplement attrayantes aujourd’hui de celles qui demeureront résilientes au fil du temps.

Dans le domaine du placement, l’incertitude est inévitable. La réussite ne découle pas de la capacité à prévoir l’avenir avec précision, mais plutôt de la prise de décisions susceptibles de produire de bons résultats dans un éventail de scénarios. En appliquant des principes rigoureux en matière de prévisions, de prise de risque, de diversification, de conscience des biais comportementaux et de gestion de la pensée de groupe, les investisseurs peuvent bâtir des portefeuilles et des cadres décisionnels mieux outillés pour faire face à tout ce que l’avenir pourrait réserver. L’incertitude ne disparaît jamais, mais un processus décisionnel solide peut transformer l’inconnu, qui pourrait autrement constituer une menace, en un facteur pouvant être géré.

Principe 1 – Comprendre le rôle des prévisions

Chaque décision de placement constitue une prévision. Que nous en soyons conscients ou non, toute affectation de capitaux reflète une opinion sur la façon dont l’avenir pourrait évoluer. Le défi tient au fait que l’avenir est inconnaissable. C’est pourquoi l’objectif des prévisions n’est pas la précision en soi, mais l’amélioration de la prise de décision. Les prévisions aident les investisseurs à évaluer les possibilités, à soupeser les probabilités et à faire des choix plus éclairés dans un monde incertain.

L’essentiel est de reconnaître que le placement est une affaire de probabilités, et non de certitudes. Plutôt que de se demander « Que va-t-il se produire? », les investisseurs devraient se demander « Que pourrait-il se produire, et comment devrais-je m’y préparer? ». Ce changement de perspective peut favoriser des portefeuilles plus résilients et de meilleurs résultats à long terme.

Principe 2 – Prendre des risques de façon réfléchie

Les investisseurs les plus prospères comprennent que l’incertitude est une caractéristique permanente des marchés et qu’éviter entièrement le risque constitue souvent le plus grand risque de tous. Ils prennent plutôt des risques de façon réfléchie, en privilégiant les occasions où la récompense potentielle justifie l’incertitude et en construisant des portefeuilles capables de résister à un éventail de résultats. Les prévisions jouent un rôle essentiel, non pas parce qu’elles révèlent l’avenir, mais parce qu’elles aident les investisseurs à évaluer les probabilités, à remettre en question les opinions consensuelles et à repérer les situations où les attentes pourraient être mal fondées. La gestion des risques prend ensuite le relais afin de veiller à ce que le portefeuille demeure robuste, même lorsque ces prévisions s’avèrent erronées. La combinaison de ces deux éléments crée un cadre puissant pour naviguer dans l’incertitude. On peut voir les prévisions comme un moyen de réduire l’incertitude, tandis que la gestion des risques vise à réussir malgré celle-ci.

Principe 3 – La diversification doit en faire davantage

La diversification est importante, mais elle ne peut être mise en place puis oubliée. La récente période de hausse de l’inflation et des taux obligataires nous a rappelé que les actions et les obligations peuvent reculer simultanément, et que les obligations peuvent offrir une protection lorsque la croissance faiblit, mais pas lorsque les attentes inflationnistes augmentent. De nombreux investisseurs ont dépassé le cadre traditionnel des actions et des obligations en ajoutant une composante de placements non traditionnels, mais ceux-ci présentent également leurs propres défis en période de tensions. L’objectif n’est pas de détenir un peu de tout. Il s’agit plutôt de comprendre pourquoi chaque exposition est détenue, quel rendement elle procure ou quel risque elle atténue, et si l’investisseur est toujours adéquatement rémunéré pour y affecter des capitaux.

Principe 4 – Comprendre l’influence des émotions

Les investisseurs consacrent beaucoup de temps à tenter de comprendre les marchés, les économies et les sociétés. Pourtant, certains des facteurs les plus importants qui influencent les résultats de placement proviennent de l’intérieur. La peur peut amplifier les risques. L’optimisme peut les occulter. La confiance peut renforcer la conviction, mais elle peut aussi engendrer de la complaisance. Comprendre ces forces émotionnelles constitue un élément essentiel d’une prise de décision réussie.

L’objectif n’est pas d’éliminer les émotions du processus de placement, mais d’en reconnaître l’influence. Les investisseurs qui développent leur conscience émotionnelle et leur discipline sont souvent mieux placés pour prendre des décisions cohérentes, rester fidèles à leurs objectifs à long terme et naviguer dans l’incertitude sans se laisser diriger par elle. C’est ainsi que l’intelligence émotionnelle peut contribuer à de meilleurs résultats de placement.

Principe 5 – Se méfier de la pensée de groupe et de l’excès de confiance

La qualité des décisions d’un comité dépend souvent moins de la rapidité avec laquelle il parvient à un accord que de l’efficacité avec laquelle il remet en question ses propres hypothèses. La pensée de groupe et l’excès de confiance peuvent apparaître lorsque l’optimisme n’est pas mis à l’épreuve. Le contraste mental offre un antidote pratique. En demandant aux membres du comité d’envisager à la fois le résultat réaliste le plus souhaitable et les obstacles qui pourraient empêcher sa réalisation, la discussion passe de la confirmation à l’exploration. Cette approche améliore non seulement la qualité des décisions, mais encourage également la dissidence constructive, renforce la gouvernance et favorise une culture dans laquelle la remise en question des idées est perçue comme une contribution plutôt que comme une critique.

Principe 6 – Reconnaître les avantages de l’adaptabilité

Dans la pratique, l’adaptabilité peut prendre de nombreuses formes : réévaluer les hypothèses relatives aux marchés financiers, raffiner le positionnement du portefeuille, revoir les besoins de liquidité ou mettre à jour les processus de gouvernance à mesure que les conditions évoluent. L’adaptabilité constitue souvent le pont entre une stratégie solide et des résultats fructueux. Même si aucun investisseur ne peut prévoir chaque changement économique ou chaque perturbation des marchés, ceux qui demeurent souples dans leur réflexion et rigoureux dans leur prise de décision sont mieux préparés à réagir à l’évolution des conditions. Dans un monde incertain, la capacité d’adaptation peut être aussi précieuse que la capacité de prévision.

Naviguer dans l’incertitude

L’avenir sera toujours incertain. La réussite appartient non pas à ceux qui le prévoient avec le plus de précision, mais à ceux qui sont les mieux préparés aux nombreuses façons dont il pourrait évoluer. L’incertitude n’est pas une situation temporaire que les investisseurs doivent endurer jusqu’à ce que les marchés deviennent plus clairs. Elle constitue une caractéristique permanente du placement. Le défi n’est pas de l’éliminer, mais de prendre de bonnes décisions malgré elle.

Les prévisions, les modèles et les analyses peuvent améliorer notre compréhension de ce qui pourrait nous attendre, mais ils ne peuvent offrir de certitude quant à l’avenir. Les investisseurs les plus prospères reconnaissent que la réussite en placement repose sur l’établissement de processus décisionnels robustes qui tiennent compte de l’incertitude, évaluent les probabilités et demeurent adaptables à mesure que de nouvelles informations deviennent disponibles. Cela exige de prendre des risques de façon réfléchie, de diversifier avec discernement, de remettre en question les hypothèses, d’encourager les débats constructifs et de conserver la discipline nécessaire pour s’adapter lorsque les faits changent.

Groupe financier Connor, Clark & Lunn ltée
27 juillet 2026