Immeuble du quartier des affaires du centre-ville de Vancouver, près de Robson Square.

Les marchés boursiers ont continué d’atteindre de nouveaux sommets malgré un contexte qui, à première vue, devrait être beaucoup moins favorable. La guerre au Moyen-Orient, les prix élevés du pétrole, le resserrement des conditions financières et l’incertitude entourant les politiques n’ont pas fait dérailler l’appétit pour le risque. Il y a eu des périodes de volatilité en cours de route, mais aucune n’a considérablement perturbé la tendance générale à la hausse. Au lieu de cela, les actions se sont redressées, les marchés du crédit sont demeurés solides et les investisseurs ont, à maintes reprises, ignoré les chocs qui, au cours des cycles précédents, ont peut-être déclenché une réévaluation plus importante.

Les moteurs de la remontée

La vigueur des marchés boursiers est attribuable à l’alignement de deux forces exceptionnellement puissantes et concentrées.

La première étant le cycle d’investissement alimenté par l’IA, qui se démarque non seulement par l’ampleur du cycle des dépenses en immobilisations (graphique 1), mais aussi par sa structure. Les investissements sont stimulés par un petit groupe de fournisseurs de services infonuagiques à très grande échelle qui engagent des sommes sans précédent dans des centres de données et des infrastructures de soutien qui, selon certaines estimations, pourraient atteindre 5 000 G$ US au cours des cinq prochaines années; de plus en plus, les sociétés tirent parti des marchés mondiaux du crédit pour financer ces investissements. Les marchés du crédit, en particulier, n’agissent pas comme une contrainte. Les fortes émissions ont été facilement absorbées, la solide demande maintenant les écarts de taux serrés, même si l’offre augmente. Au Canada, la première émission d’obligations feuille d’érable d’Alphabet a atteint un niveau record de 8,5 G$ CA et a été très bien absorbée. En fait, les conditions de financement favorisent l’expansion économique au lieu de la limiter.

Graphique 1 : Les investissements dans les technologies ont bondi aux États-Unis
Graphique linéaire illustrant les investissements dans les technologies aux États-Unis par rapport à leur tendance en pourcentage du PIB de 1980 à aujourd’hui.Source : US Bureau of Economic Analysis et Macrobond.

Parallèlement, les bénéfices des sociétés ont été manifestement solides. L’indice S&P 500 est en voie d’enregistrer une croissance des bénéfices d’environ 28 % sur 12 mois au premier trimestre, soit le rythme le plus rapide depuis 2021. Plus important encore, cette vigueur a été généralisée. Dix secteurs ont annoncé une croissance de leurs bénéfices, sept secteurs ayant enregistré des gains de plus de 10 %, notamment les technologies de l’information, la finance, l’industrie et les matériaux (graphique 2).

Graphique 2 : La croissance des bénéfices aux États-Unis est solide et généralisée
Graphique à barres illustrant la croissance des bénéfices de l’indice S&P 500 sur 12 mois pour le premier trimestre de 2026; la croissance est généralisée à l’échelle des secteurs.Source : FactSet. Remarque : Au 21 mai 2026.

Bien que les bénéfices soient généralisés, un groupe relativement petit de sociétés d’IA et liées à l’IA dicte les révisions, l’humeur et la répartition du capital. Pourtant, malgré l’ampleur des investissements, la contribution directe à la croissance du PIB demeure limitée. Ce qui rend le contexte actuel inhabituel, c’est que la remontée n’est pas purement spéculative, car les bénéfices sont élevés. Tant que la résilience généralisée des bénéfices se poursuivra parallèlement à un moteur concentré de croissance, la trajectoire vers le haut peut rester inchangée.

Disparition des risques de baisse

Si le moteur explique l’orientation des marchés, la persistance de la remontée reflète le fait que les risques ne se sont pas matérialisés à plusieurs reprises. La situation géopolitique est l’exemple le plus évident, les perturbations dans le détroit d’Ormuz ayant fait grimper les prix du pétrole de façon importante, mais pas à des niveaux compatibles avec l’ampleur du choc. Par ailleurs, d’autres risques macroéconomiques sont largement ignorés. Les marchés de l’emploi continuent de ralentir, mais ils semblent avoir touché un plancher, de sorte que la croissance de l’emploi et des revenus demeure suffisante pour soutenir la consommation.

Fait important, l’inflation s’est révélée persistante. En avril, les prix à la production aux États-Unis ont fortement augmenté, l’IPP global ayant progressé de 1,4 % sur un mois, en raison de la forte hausse des composantes liées à l’énergie. Sous la surface, toutefois, la situation semble modérée. Les prix des biens de consommation de base indiqués dans le rapport d’avril sur l’IPC ont fait du surplace pendant le mois, et les prix des services de base, bien que toujours élevés, n’ont pas beaucoup augmenté (graphique 3). De plus, le mécanisme de transmission semble plus faible que lors des cycles précédents, y compris la période après la pandémie, lorsque les hausses rapides des salaires et les politiques budgétaires et monétaires très expansionnistes ont renforcé l’inflation à l’échelle de l’économie.

Graphique 3 : Les prix des services de base sont relativement contenus
Graphique linéaire illustrant l’inflation de base selon l’IPC des services (excluant l’énergie et le logement) au fil du temps de 2015 à aujourd’hui.Source : US Bureau of Labor Statistics et Macrobond.

Les marchés n’ignorent pas les risques – ils observent que ces risques ne se traduisent pas par des bénéfices négatifs ou une croissance négative, et s’ajustent en conséquence. Chaque fois que le risque passe inaperçu, les marchés deviennent enclins à faire abstraction des chocs. Les préoccupations s’estompent plus rapidement et le positionnement se reconstruit plus rapidement.

Qu’est-ce qui pourrait briser cet optimisme à l’égard du risque?

Les taux obligataires ont augmenté, les taux à court terme ayant fortement grimpé et les courbes de taux s’aplatissant, une combinaison habituellement associée au resserrement des conditions financières. Depuis le début du conflit, les taux des obligations américaines à 10 ans ont augmenté considérablement, et les taux des obligations à 30 ans ont dépassé le seuil psychologiquement important de 5 %. Les taux à court terme ont augmenté encore plus fortement, en raison des pressions inflationnistes et de la résilience de la croissance. Par ailleurs, les actifs risqués ont continué de se redresser parallèlement à cette hausse, une dynamique inhabituelle de fin de cycle qui fait en sorte que le système se dirige vers des taux d’intérêt toujours plus élevés. Fait intéressant, les mêmes forces qui soutiennent les actifs risqués contribuent également à ce resserrement. Le cycle d’investissement alimenté par l’IA soutient la demande, renforce les pressions inflationnistes (graphique 4) et fait en sorte que la politique monétaire est plus restrictive que ce que les marchés auraient pu prévoir. En ce sens, l’optimisme qui alimente la remontée est également ce qui empêche l’assouplissement de la politique monétaire.

Graphique 4 : Les pressions inflationnistes à court terme s’intensifient
Graphique linéaire illustrant l’indice des prix à la production des composants et accessoires électroniques sur 12 mois, qui affiche une forte hausse depuis le deuxième trimestre de 2025.Source : US Bureau of Labor Statistics et Macrobond.

Cela crée des tensions croissantes. Dans le passé, la hausse des taux d’actualisation et le resserrement des conditions financières ont pesé sur les valorisations boursières. La politique monétaire ajoute une autre couche d’incertitude. Les banques centrales délaissent l’assouplissement monétaire, en raison des risques croissants d’inflation. Elles craignent que les attentes d’inflation ne soient plus ancrées dans leurs niveaux cibles si le choc étroit des prix des matières premières se traduit par une réaccélération de l’inflation de base (même si l’on suppose actuellement que les perturbations énergétiques sont temporaires et gérables). De plus, aux États-Unis, la transition vers un nouveau président de la Réserve fédérale crée une autre incertitude qui pourrait renverser la souplesse du régime précédent.

Stratégie de portefeuille

Dans les portefeuilles équilibrés, les actions et les titres à revenu fixe demeurent légèrement sous-pondérés. Cette position a été mise en œuvre à la fin du premier trimestre, lorsque les marchés sont entrés dans une phase de « choc inflationniste d’abord, puis risque de croissance plus tard ». Les risques de récession se sont depuis atténués, de sorte que les actions se négocient maintenant près de sommets historiques, intégrant des hypothèses de croissance relativement optimistes. Par conséquent, la patience et la souplesse demeurent importantes. Nous cherchons à accroître le risque de façon opportuniste en périodes de faiblesse des marchés ou de ventes massives attribuables au positionnement. Nous privilégions les actions canadiennes par rapport aux actions américaines, et nous sommes optimistes à long terme à l’égard du Canada.

Dans les portefeuilles de titres à revenu fixe, la conjoncture demeure difficile, car la forte croissance, l’inflation persistante et la hausse des prix de l’énergie continuent d’exercer des pressions à la hausse sur les taux obligataires. Les marchés ont constamment revu à la baisse leurs attentes à l’égard des réductions de taux d’intérêt et ont commencé à anticiper la possibilité de hausses des taux directeurs au Canada et aux États-Unis. Par conséquent, la courbe des taux s’est aplatie et les taux ont augmenté. Cette tendance devrait se poursuivre, mais pas de façon linéaire. La durée continuera d’être gérée de façon tactique, mais sera de préférence plus courte que celle de l’indice de référence, avec un accent sur la souplesse plutôt que sur d’importantes positions directionnelles.

Les portefeuilles d’actions fondamentales continuent d’investir dans des sociétés affichant des bénéfices résilients. Bien que la reprise dans son ensemble demeure intacte, nous avons interrompu l’augmentation des placements cycliques afin d’atténuer le risque de baisse. Nous avons également réduit la pondération des modèles d’affaires les plus vulnérables aux perturbations causées par l’IA, tout en augmentant de façon sélective la pondération des secteurs qui sont positionnés de manière à profiter du cycle plus large des dépenses en immobilisations et des infrastructures liées à l’IA, y compris les secteurs liés aux matières premières.

Le contexte actuel continue de privilégier une approche opportuniste, et nous cherchons à accroître le risque avec prudence.

Reflet de gratte-ciel panoramique sur le bord de la rivière False Creek à Vancouver, en Colombie-Britannique, au Canada.

Au cœur de notre organisation se trouvent l’engagement et le désir d’offrir un rendement et un service supérieurs à nos clients. Notre principal objectif est de répondre aux attentes de nos clients tout en nous assurant que notre équipe est très motivée et enthousiaste. Pour y arriver, nous nous concentrons sur ce que nous faisons de mieux tout en cherchant à demeurer à l’avant-garde de la recherche et du développement sur les marchés des capitaux.

Le statu quo n’est pas une option

Chaque année, nous profitons de l’occasion pour fournir à nos clients une revue annuelle de l’entreprise, décrivant comment nous orientons nos efforts au sein de Gestion de placements Connor, Clark & Lunn (CC&L) pour respecter notre engagement à offrir un bon rendement des placements et un service à la clientèle supérieur.

Nos activités ont toujours été caractérisées par un réinvestissement continu et l’innovation; le statu quo n’est pas une option. Alors que nous composons avec un contexte financier et politique volatil, nous avons concentré nos efforts sur trois domaines de base qui sont essentiels à la vigueur et à la durabilité à long terme de notre société : notre personnel, nos capacités technologiques et notre infrastructure physique.

Notre investissement le plus important est dans notre équipe. En 2025, nous avons accueilli 28 nouveaux collègues au sein de la société et nous prévoyons en ajouter environ le même nombre en 2026. Ces ajouts touchent les fonctions de placement et du service à la clientèle, ce qui renforce à la fois nos capacités actuelles et le développement de notre relève. Cette croissance reflète notre engagement à bâtir une entreprise durable d’une génération à l’autre. En investissant dans le perfectionnement des talents, la planification de la relève et l’accompagnement de notre prochaine génération, nous veillons à ce que nos clients continuent de profiter d’une organisation solide, stable et tournée vers l’avenir.

La technologie est le deuxième pilier de notre stratégie de réinvestissement. Nous procédons à la modernisation des systèmes dans l’ensemble de nos fonctions de soutien et des opérations intermédiaires afin de renforcer la résilience opérationnelle, d’améliorer l’intégration des données et d’élargir nos capacités de production de rapports. Ces améliorations renforcent l’infrastructure qui soutient nos processus de placement et la prestation du service à la clientèle. Parallèlement, nous élaborons une approche rigoureuse en matière d’intelligence artificielle (IA). Notre stratégie vise à permettre à chaque secteur de nos activités de tirer parti des outils et de la technologie d’IA pour améliorer les processus de placement et d’affaires. L’introduction d’outils d’IA exige une surveillance adéquate et délibérée. Peu importe la complexité et le niveau de sophistication de l’intégration de l’IA, nos employés restent chargés de garantir la qualité et la pertinence des résultats et assument la responsabilité finale de chaque fonction.

Enfin, nous effectuons des investissements importants dans nos bureaux à Vancouver et à Toronto. Ces améliorations visent à créer des environnements qui favorisent la collaboration, la créativité et la connexion. Nos espaces remaniés soutiennent le travail d’équipe, le dialogue interfonctionnel et un engagement plus fort au sein des équipes de placement, des solutions clients et des opérations. L’objectif est de créer des conditions qui permettront de remettre en question, de peaufiner et de mettre en œuvre les idées de façon efficace, ce qui profitera à nos clients. Nous avons hâte d’accueillir les clients dans nos nouveaux bureaux en 2026 et de partager ces espaces actualisés en personne.

En terminant, je tiens à remercier sincèrement nos clients de leur confiance et de leur partenariat soutenu.

Sincères salutations,

Photo de Martin Gerber
Martin Gerber
Président et chef des placements

Notre équipe

En 2025, notre société a continué de croître, accueillant 28 nouveaux employés et portant notre effectif à 150 personnes. Nos activités profitent également de l’ensemble du Groupe financier Connor, Clark & Lunn, qui emploie plus de 500 professionnels soutenant la gestion des affaires, l’exploitation, le marketing et la distribution.

La stabilité et les spécialisations de notre société demeurent les principaux moteurs de nos activités. La planification de la relève et le perfectionnement professionnel sont au cœur de notre approche, assurant la continuité et la réussite à long terme.

Nous sommes heureux d’annoncer que plusieurs employés ont été promus au poste de directeur principal depuis le 1er janvier 2026, en reconnaissance de leur contribution importante et croissante à notre société.

Photos de Lewis Arnold, James Burns, Sonny Cervienka, Jasmine Chen, Nick Earle, Calen Falconer-Bayard, Artem Kornev, Hien Lee, Jessica Quinn, Jian Wang et Alice Zhou.

Le conseil d’administration de CC&L est également heureux d’annoncer la promotion de nouveaux actionnaires depuis le 1er janvier 2026, en reconnaissance de leur leadership et de leur influence dans leurs fonctions.

Photo de Tim Elliott  Photo de Sandy McArthur

Titres à revenu fixe

Au cours de la dernière décennie, l’équipe des titres à revenu fixe a investi considérablement dans l’élaboration d’un cadre quantitatif visant à repérer et à récolter des primes intéressantes sur les marchés des titres à revenu fixe, d’abord dans le cadre de stratégies relatives à un indice de référence, puis dans des mandats à rendement absolu. Comme ces flux de rendement systématiques se sont révélés à la fois attrayants et diversifiés, la demande des clients pour des solutions spécialisées a commencé à croître. En réponse, l’équipe fait évoluer ces capacités vers des stratégies quantitatives spécialisées, pouvant être mises en œuvre soit comme solutions de rendement total, soit comme source d’alpha portable venant s’ajouter à une gamme complète de sources de rendement de marché. Nous continuons d’investir dans la recherche, les infrastructures et les talents pour approfondir ces capacités et soutenir l’intérêt croissant des clients pour des sources de rendement résilientes et diversifiées dans différentes conjonctures de marché.

Sandy McArthur s’est joint à l’équipe des titres à revenu fixe en mai 2025 et est rapidement devenu un moteur central des initiatives stratégiques à l’échelle de la plateforme. Il allie une solide expérience du marché à une grande maîtrise technique, ce qui permet à l’équipe d’agir plus rapidement et de mener ses activités avec davantage de rigueur. Sa ténacité, ses compétences interfonctionnelles et sa volonté de prendre en charge des dossiers complexes ont déjà eu une incidence importante sur l’entreprise. Nous sommes heureux de l’accueillir à titre d’actionnaire en 2026.

Stratégies fondamentales d’actions

Après plus d’une décennie de surperformance des actions américaines, l’équipe estime que le marché boursier canadien est bien placé pour enregistrer des rendements supérieurs à moyen terme. Les valorisations intéressantes, la répartition sectorielle différenciée et une forte exposition à la hausse de la demande mondiale de produits de matières premières créent un contexte attrayant pour les actions canadiennes.

L’équipe des Stratégies fondamentales d’actions continue de soutenir les objectifs de placement des clients dans l’ensemble des mandats. Dans ce qui a été un contexte difficile pour les gestionnaires actifs en 2025, toutes les stratégies, y compris les actions canadiennes toutes capitalisations, les actions axées sur le revenu et les actions à petite capitalisation, ont produit un rendement dans le quartile supérieur par rapport à leurs pairs respectifs.

Pendant plusieurs années, l’équipe des Stratégies fondamentales d’actions met l’accent sur le développement de la prochaine génération de relève en placement. Au cours des 12 derniers mois, trois associés de recherche expérimentés se sont joints à l’équipe, renforçant davantage ses capacités de recherche. Ce réinvestissement délibéré souligne l’engagement de l’équipe à maintenir le rendement, à approfondir l’analyse et à maintenir un avantage concurrentiel par rapport à ses pairs à long terme. Parallèlement, l’équipe met activement en œuvre le plan de relève de Gary Baker. Le 1er janvier 2026, Michael McPhillips a été nommé co-chef des placements aux côtés de M. Baker. Ils se partagent ainsi la responsabilité de la stratégie d’actions, de la gestion des portefeuilles et de l’orientation globale des placements. En 2027, Michael occupera le poste de chef des placements, tandis que Gary passera à un rôle-conseil, assurant ainsi la continuité, le mentorat et une transition harmonieuse. Michael s’est joint au conseil d’administration de CC&L en 2026, succédant à Gary.

Photo de Michael McPhillips  Photo de Gary Baker

Stratégies quantitatives d’actions

L’année 2025 a été solide pour l’équipe des Stratégies quantitatives d’actions. L’équipe a atteint ou dépassé les objectifs de valeur ajoutée dans l’ensemble de ses stratégies clés, s’appuyant sur des antécédents de rendement à long terme éprouvés, avec une croissance soutenue de la clientèle et des actifs sous gestion. Pour soutenir cette croissance, l’équipe a continué d’accroître ses capacités, passant à 92 membres, avec 21 nouveaux employés en 2025. Des professionnels en placement ont été ajoutés à l’ensemble des sous-équipes au cours de l’année, et les investissements dans les ressources de leadership des sous-équipes se poursuivront à un rythme semblable cette année. La croissance soutenue de l’équipe témoigne de la nécessité d’élargir et de réinvestir continuellement dans nos capacités, puisque la taille et la portée des activités de gestion quantitative ont augmenté. Par ailleurs, l’accent est demeuré mis sur la mise en œuvre de points de vue différenciés, avec une mise à jour du modèle de placement qui a été déployée avec succès en novembre.

Afin de soutenir les clients sur les marchés internationaux, nous avons élargi la structure de nos fonds en gestion commune. Cela comprend notre plateforme de fonds OPCVM établie en Europe et destinée aux investisseurs non américains, une plateforme de fiducie de placement collectif (CIT) aux États-Unis destinée aux régimes de retraite réglementés par l’ERISA, une plateforme aux îles Caïmans pour les investisseurs américains et d’autres investisseurs mondiaux admissibles, et une plateforme de fonds de sociétés en commandite pour les investisseurs américains admissibles. Cet investissement nous permettra de servir une clientèle plus vaste.

Solutions clients

Conformément à la croissance de nos activités, l’équipe des Solutions clients a continué de croître. Tim Elliott s’est joint à l’équipe en juin. Il occupait auparavant le poste de président et chef de la direction de Fonds Connor, Clark & Lunn Inc., une filiale spécialisée dans la gestion de patrimoine pour les particuliers qu’il a fondée au sein du Groupe financier CC&L il y a 15 ans. Tim a immédiatement eu une incidence positive sur nos activités, en apportant ses analyses et son expertise des marchés des services aux particuliers et de la gestion de patrimoine, et en renforçant le leadership au sein de l’équipe. Il est devenu actionnaire en 2026.

Investissement responsable

L’année 2025 marquait le passage d’une décennie depuis la création du comité ESG de CC&L. Par conséquent, notre conseil d’administration a jugé approprié d’entreprendre un examen du mandat et de la structure de gouvernance du comité. Le résultat de cet engagement a permis de confirmer que nous conservons la structure et les ressources appropriées pour atteindre nos objectifs en matière d’investissement responsable et de conclure qu’aucun changement important n’était justifié.

Nouvelles de l’entreprise

Actif sous gestion

L’actif sous gestion de CC&L a augmenté de 35 milliards de dollars canadiens en 2025 pour s’établir à 112 milliards de dollars canadiens au 31 décembre 2025. Nous sommes heureux d’annoncer que notre activité s’est développée grâce aux mandats de nouveaux clients répartis dans toutes les équipes de placement. En 2025, CC&L a accueilli plus de 100 nouveaux clients et a obtenu 19 mandats supplémentaires de la part de clients existants. La plupart des nouveaux mandats visaient des stratégies quantitatives d’actions pour des investisseurs institutionnels mondiaux.

Image représentant deux diagrammes circulaires. Par type de mandat*. Actions fondamentales : 14 %. Actions quantitatives : 63 %. Titres à revenu fixe : 10 %. Stratégies multiples : 13 %. Par type de client*. Caisses de retraite : 46 720 $. Fondations et fonds de dotation : 6 702 $. Administrations publiques, compagnies d’assurance et entreprises : 30 710 $. Particuliers : 17 938 $. Clientèle privée : 9 756 $. *Total des actifs sous gestion en dollars canadiens au 31 décembre 2025.

Nous sommes fiers de recevoir le prix Coalition Greenwich 2025 : Meilleur gestionnaire d’actifs pour les investisseurs institutionnels au Canada*. Ce prix reflète l’excellence pour ce qui est du rendement des placements et du service à la clientèle, selon l’indice de qualité Greenwich.

Mot de la fin

Nous sommes sincèrement reconnaissants de la confiance et du soutien de nos clients et partenaires d’affaires. Nous avons hâte de continuer à vous aider à atteindre vos objectifs de placement au cours des prochaines années.

* Tout au long de 2025, Crisil Coalition Greenwich a mené des entrevues auprès de 147 des plus grands régimes de retraite privés et publics, institutions financières, fonds de dotation et fondations au Canada et dans d’autres régions du monde. On a demandé aux principaux spécialistes de fonds de fournir des évaluations détaillées de leurs gestionnaires de placement, des évaluations des gestionnaires qui sollicitent leurs affaires et des renseignements sur les tendances importantes du marché. Gestion de placements Connor, Clark & Lunn n’a versé aucune rémunération à Crisil Coalition Greenwich pour ce sondage.

Personne se tenant sur une falaise enneigée pour admirer le coucher de soleil sur le mont Seymour, à North Vancouver, en Colombie-Britannique, au Canada.

Les Prévisions de cette année commencent par un résumé de 2025, avant d’explorer les thèmes à long terme qui façonnent nos perspectives et d’analyser les facteurs cycliques à court terme qui influent sur l’économie, l’inflation et la politique monétaire. Nous évaluons les valorisations boursières et, en tenant compte de ces éléments, nous établissons notre stratégie de portefeuille.

Tout au long de l’année, vous trouverez des mises à jour des Prévisions dans notre bulletin trimestriel Perspectives.

 

Introduction

L’année 2025 a été marquée par des chocs, puis par de la résilience. Malgré l’incertitude extrême entourant les politiques, les marchés boursiers ont enregistré de solides gains pour une troisième année consécutive, les investisseurs ayant fait abstraction de la situation géopolitique et mis l’accent sur la durabilité des bénéfices et les investissements axés sur l’intelligence artificielle (IA). Les actions canadiennes ont inscrit des rendements supérieurs, profitant de la stabilité relative des politiques, de la résilience de la croissance et d’une flambée des prix de l’or dans un contexte d’incertitude géopolitique et institutionnelle.

Alors que 2026 commence, les marchés font face à moins de tensions immédiates que les années précédentes, mais les résultats demeurent très sensibles aux politiques, à l’inflation et à la confiance. Dans les pages qui suivent, nous présentons la stratégie et le positionnement de nos portefeuilles, et nous abordons les influences cycliques à court terme et à long terme sur les marchés.

Graphique 1 : Solides gains des marchés boursiers en 2025, menés par le Canada
Rendements totaux en monnaie locale recalculés au 1er janvier 2025 à 100
Graphique linéaire montrant les rendements totaux des marchés boursiers en monnaie locale en 2025, recalculés à 100 au début de l’année. L’indice composé S&P/TSX affiche la plus forte hausse au cours de la période, surpassant à la fois l’indice S&P 500 et l’indice MSCI Monde tous pays. Les trois indices terminent l’année en hausse, ce qui indique une progression généralisée des actions mondiales, les actions canadiennes arrivant en tête.
Sources : TMX, S&P Global, MSCI et, Macrobond

 

Graphique 2 : Hausse du prix de l’or en 2025
Graphique linéaire montrant le prix de l’or en dollars américains par once troy en 2025. Les prix de l’or ont fortement augmenté au cours de l’année, atteignant de nouveaux sommets à la fin de l’année, ce qui témoigne d’un solide rendement dans un contexte d’incertitude accrue sur le plan de la géopolitique et de la politique.
Sources : CME group, Macrobond

Stratégie et positionnement des portefeuilles en 2026

Les marchés boursiers entament l’année 2026 dans un contexte favorable. Des politiques monétaires et budgétaires expansionnistes ainsi qu’une solide croissance nominale favorisent un contexte propice aux actions. Les bénéfices des sociétés demeurent résilients, soutenus par une solide croissance nominale et l’atténuation des pressions sur les coûts. Les investissements axés sur l’IA continuent de façonner la répartition du capital dans les secteurs des technologies de l’information, de l’industrie, des infrastructures énergétiques et des services aux collectivités, tandis que les attentes en matière de productivité continuent de contribuer de façon importante aux valorisations. Par ailleurs, les valorisations élevées aux États-Unis atténuent le potentiel de hausse, mais représentent une meilleure valeur au Canada et sur d’autres marchés non américains.

Les marchés obligataires reflètent un équilibre entre le ralentissement des marchés de l’emploi ainsi que les préoccupations budgétaires et liées à l’inflation à long terme. Les taux à long terme demeurent confinés dans une fourchette « élevée pendant plus longtemps » en raison de l’expansion budgétaire persistante, de la reconfiguration des structures de pouvoir mondiales et des besoins d’investissement soutenus. L’assouplissement de la politique monétaire devrait se poursuivre au début de l’année, dans un contexte de préoccupations persistantes à l’égard de la crédibilité des banques centrales face à une inflation sous-jacente tenace.

Graphique 3 : La croissance des bénéfices demeure solide
Croissance des bénéfices
Graphique linéaire illustrant la croissance des bénéfices sur 12 mois pour l’indice S&P 500 et l’indice composé S&P/TSX. Les deux indices affichent une croissance positive des bénéfices, avec des fluctuations au fil du temps, mais pas de repli soutenu, ce qui témoigne de la résilience de la rentabilité des sociétés tant sur les marchés boursiers américains que canadiens.
Sources : I/B/E/S, Bloomberg, Macrobond

Répartition de l’actif

Le contexte macroéconomique favorise une approche équilibrée qui tient compte à la fois des progrès réalisés en matière de désinflation et de la persistance des forces structurelles qui maintiennent les taux à long terme à des niveaux élevés. Même si l’assouplissement de la politique monétaire soutient les actifs à risque, nous conservons une position neutre à l’égard des actions et une légère sous-pondération des titres à revenu fixe. Nous préférons les actions canadiennes et des marchés émergents aux actions mondiales.

Positionnement fondamental des actions

Nos portefeuilles fondamentaux d’actions ont ajouté des sociétés cycliques de grande qualité qui profiteront de l’élargissement de la croissance économique, notamment dans les secteurs financiers et de l’automobile. Nous avons étoffé nos placements dans les infrastructures afin de profiter des dépenses en immobilisations liées à l’IA ainsi que de la démondialisation et des politiques protectionnistes. Nous avons également étoffé nos placements dans des producteurs d’or à moyenne capitalisation, car les prix au comptant favoriseront de solides flux de trésorerie disponibles au cours de l’exercice. Nous avons réduit le nombre de sociétés à faible croissance et sensibles aux taux d’intérêt en raison des prévisions de volatilité des taux d’intérêt.

Graphique 4 : Potentiel d’expansion limité
Graphique linéaire indiquant les ratios cours/bénéfice des 12 derniers mois de l’indice S&P 500 et de l’indice composé S&P/TSX. Les valorisations demeurent élevées, en particulier pour l’indice S&P 500, tandis que les ratios du marché canadien sont plus faibles. Le graphique laisse entrevoir un potentiel limité d’expansion des valorisations, surtout sur le marché américain.
Sources : I/B/E/S, Bloomberg, Macrobond

Positionnement des titres à revenu fixe

Dans les portefeuilles de titres à revenu fixe, nous gérons l’exposition à la durée de façon tactique dans la récente fourchette des taux obligataires, car les taux d’intérêt fluctuent en fonction des mauvaises surprises économiques et des pressions à la hausse sur les taux à long terme. Les taux à long terme devraient subir des pressions à la hausse, une tendance mondiale. Nous maintenons une préférence pour l’accentuation de la courbe des taux. Par ailleurs, les taux à court terme au Canada, qui anticipent actuellement des hausses du taux cible par la banque centrale, devraient afficher un potentiel de hausse limité à partir de maintenant.

L’atténuation de l’inflation et la stabilité de la demande soutiennent les données fondamentales des titres de créance, et la vigueur des bénéfices, des revenus et du contexte politique devrait persister. Toutefois, les écarts de taux les plus serrés depuis plus de dix ans, combinés à une dynamique risque-rendement asymétrique, ont donné lieu à une exposition globale neutre. Du côté des titres de créance, nous préférons les obligations de sociétés aux obligations provinciales.

Thèmes à long terme qui façonnent les perspectives

Inflation : un seuil inférieur plus élevée et plus volatile

La désinflation des deux dernières années reflète la dissipation des chocs aigus, et non un retour aux niveaux d’avant 2020. Les réseaux commerciaux mondiaux s’adaptent pour raccourcir les chaînes d’approvisionnement, privilégier la résilience et faire passer les facteurs géopolitiques avant la rentabilité. Le vieillissement de la population et la réduction de l’immigration impliquent une diminution de la population en âge de travailler et un resserrement des marchés de l’emploi. Le renouvellement à grande échelle des infrastructures ainsi que la modernisation et l’expansion de la défense, conjugués à des investissements dans la transition énergétique, renforcent les pressions à la hausse sur les coûts. La croissance soutenue du PIB nominal maintiendra des taux de croissance plus élevés pour les salaires, les loyers, les bénéfices et les dépenses publiques. Dans ce contexte, il demeure essentiel de maintenir la confiance dans l’indépendance des banques centrales, car toute érosion de la crédibilité de la Réserve fédérale américaine (la Fed) augmenterait le risque à long terme que les attentes d’inflation soient moins solidement ancrées. L’inflation devrait fléchir, mais présenter un seuil inférieur plus élevée, une plus grande volatilité et un risque accru de résurgence si la demande se raffermit ou si la politique monétaire est assouplie prématurément.

L’IA et l’incertitude liée à la productivité

L’IA transforme la répartition du capital, la demande de main-d’œuvre et la stratégie des entreprises, mais son incidence macroéconomique demeure inégale. Les effets à court terme sont hautement capitalistiques, car l’adoption s’est accélérée, stimulant les investissements dans les centres de données, les semi-conducteurs et les infrastructures électriques. Pour financer cette expansion, les sociétés se tournent de plus en plus vers l’émission de titres de créance, tant par appel public à l’épargne que placement privé. Cela reflète l’ampleur de leurs ambitions, mais présente également des risques pour la stabilité financière si les conditions de financement se resserrent ou si les rendements prévus ne se concrétisent pas. Même si les utilisateurs précoces demeurent confiants quant au transfert des tâches cognitives routinières, l’IA n’a pas encore réalisé les gains de productivité promis. Les avantages à long terme dépendent de sa diffusion dans les processus d’entreprise, de la refonte organisationnelle et de l’adaptation de la main-d’œuvre, ce qui prend généralement du temps. Une question plus profonde concerne les conséquences sociales à long terme, en particulier la façon dont les répercussions sur la distribution et l’emploi seront gérées. L’IA représente à la fois une puissante occasion de croissance et une source d’incertitude quant au déplacement de la main-d’œuvre, aux inégalités et à la stabilité financière.

Renforcement du rôle de l’État et domination budgétaire

La politique budgétaire est passée d’un soutien cyclique à une force structurelle persistante. Même si les banques centrales ont réduit les taux d’intérêt, les déficits bien établis sur la scène politique, les politiques industrielles, les dépenses militaires et les investissements liés au climat créent une puissante combinaison de mesures de soutien . Cela favorise la croissance et l’emploi et réduit la probabilité d’un repli. Toutefois, cela empêche la politique monétaire de mettre en œuvre des mesures restrictives en raison de la forte augmentation des coûts du service de la dette. Cette dynamique entraîne des réactions asymétriques à l’inflation, qui risque de se stabiliser au-dessus de la cible. Les fortes émissions d’obligations et la sensibilité au service de la dette se traduisent par une hausse des primes à l’échéance, un élargissement des fourchettes de taux et une plus grande volatilité des taux à long terme.

Situation géopolitique et fragmentation du monde

La mondialisation fait place à la régionalisation et à l’harmonisation stratégique. Le commerce, les flux de capitaux et les chaînes d’approvisionnement sont de plus en plus influencés par les préoccupations liées à la sécurité plutôt que par le souci d’efficacité. Les pays situés à la croisée des réalignements, comme le Mexique, certaines régions de l’Asie du Sud-Est et le Canada, sont bien placés pour en profiter. Toutefois, cette réorganisation mondiale augmente les coûts, complique la coordination et maintient des primes de risque plus élevées. Par conséquent, les spécialistes mondiaux de la répartition réévaluent la forte exposition aux actifs libellés en dollars américains. Bien que le dollar américain demeure dominant, la diversification entre les devises, les territoires et les actifs réels s’accroît graduellement.

Hyper-financiarisation et fragilité

Les marchés financiers exercent désormais une influence démesurée sur les résultats économiques réels. La consommation, l’embauche et l’investissement sont de plus en plus sensibles aux cours des actifs, en particulier des actions. Jusqu’à présent, la concentration des effets de richesse au sommet de la distribution des revenus a soutenu la croissance des dépenses. Toutefois, cela accroît la vulnérabilité globale des consommateurs face à un renversement de la confiance des marchés. Cela est particulièrement vrai compte tenu de la hausse des taux d’intérêt (qui pénalise les emprunteurs et favorise les épargnants) et de l’inflation élevée qui pèse de manière disproportionnée sur les personnes à faible revenu. Les risques liés aux marchés financiers sont exacerbés sur les marchés privés, où l’endettement est plus élevé, la transparence est moins grande et la liquidité est plus faible. Cela peut entraîner l’inadéquation des valorisations à mesure que les pressions de refinancement, en particulier pour financer le développement de l’IA, augmentent.

Perspectives cycliques pour l’année

États-Unis : poursuite de l’expansion en milieu de cycle, avec des risques d’inflation

Les États-Unis amorcent l’année 2026 dans une phase d’expansion en milieu de cycle soutenue par des mesures de relance budgétaire, un assouplissement des conditions financières et des dépenses en immobilisations soutenues dans le domaine de l’IA. Les consommateurs à revenu élevé continuent de résister et la disponibilité du crédit s’améliore. Toutefois, les marchés de l’emploi ralentissent progressivement, l’inflation des services demeure tenace et les tarifs douaniers commencent à se répercuter sur les prix. Les risques d’inflation sont asymétriques : une reprise de la demande ou une politique trop expansionniste pourrait raviver l’inflation et contraindre la Fed à adopter un ton moins conciliant que ne le prévoient les marchés.

Europe : stabilisation graduelle malgré des difficultés structurelles

L’Europe montre des signes de stabilisation graduelle grâce à une souplesse budgétaire accrue et à des baisses de taux qui assouplissent les conditions financières. Les dépenses en défense et en infrastructures soutiennent l’activité, notamment en Allemagne. Cependant, la fragmentation politique des gouvernements de coalition et le populisme laissent présager des tensions budgétaires croissantes, car les mesures d’austérité budgétaire suscitent peu d’enthousiasme. Les pressions commerciales et les coûts de la transition énergétique freineront la croissance dans la région. L’inflation ralentit, mais la dynamique salariale découlant des tendances démographiques défavorables, combinée à la hausse des coûts des aliments et de l’énergie, continue de présenter un risque de hausse.

Chine : modération maîtrisée

La Chine poursuit un ralentissement contrôlé, la croissance étant alimentée par la fabrication, les exportations et les dépenses publiques plutôt que par la consommation. La correction du secteur immobilier continue de peser lourdement sur la confiance des ménages. L’inflation demeure inférieure à la cible, la faiblesse du pouvoir de fixation des prix et la capacité industrielle insuffisante exerçant des pressions à la baisse. Les mesures de soutien sont ciblées, les autorités privilégiant la stabilité financière et ne souhaitant pas stimuler le marché de l’habitation de façon vigoureuse. Des risques externes persistent, surtout en raison des échanges commerciaux, mais des mesures d’assouplissement et de stabilisation supplémentaires devraient contribuer à réduire les risques de déflation cette année.

Canada : reprise de la croissance de la production potentielle

Le Canada a mieux résisté que prévu en 2025, malgré d’importants chocs commerciaux et la faiblesse du marché de l’habitation. L’endettement des ménages, le refinancement des prêts hypothécaires, le ralentissement de la croissance de la population et l’humeur morose des entreprises demeurent des contraintes. Dans cette perspective, on s’attend à ce que les risques s’atténuent. Les dépenses budgétaires dans les infrastructures, le logement et la défense ont un effet positif, tandis que l’inflation contenue donne à la Banque du Canada la marge de manœuvre nécessaire pour maintenir une politique expansionniste. Les tensions commerciales pourraient reprendre dans le cadre de la renégociation de l’ACEUM, mais le Canada entame 2026 dans un contexte d’amélioration de la dynamique de l’emploi et de reprise de la croissance de la production potentielle.

Conclusion

Après trois années consécutives de solides rendements boursiers, le contexte de placement au début de 2026 est en pleine mutation. Le rendement des actions devrait de plus en plus être attribuable à la croissance des bénéfices plutôt qu’à l’expansion des valorisations, dans un contexte macroéconomique qui demeure généralement favorable. Au Canada, l’exposition aux matières premières, l’amélioration de la croissance des bénéfices et les valorisations relativement intéressantes contrastent avec le marché américain, où les valorisations sont élevées, tandis que les taux obligataires semblent confinés dans une fourchette, l’inflation et les pressions sur les taux d’intérêt s’annulant mutuellement.

Au-delà du cycle à court terme, les marchés sont façonnés par de puissantes forces à long terme. La fragmentation géopolitique, les déficits budgétaires importants et persistants et les investissements rapides liés à l’IA redéfinissent la croissance, l’inflation et les contraintes en matière de politique. L’inflation s’atténue, mais devrait rester plus volatile qu’avant la pandémie.

Paysage du centre-ville de Vancouver, en Colombie-Britannique, au Canada.

Cet été, les marchés ont semblé calmes. Les taux obligataires ont été confinés dans une fourchette étroite, la volatilité des taux d’intérêt et des marchés boursiers s’est effondrée, les écarts de taux se sont resserrés et les marchés boursiers atteignent de nouveau leurs sommets historiques. De nombreux investisseurs ont eu l’impression que la tempête provoquée par les tarifs douaniers était enfin passée. Mais les eaux calmes peuvent être trompeuses. Sous la surface, de puissants courants sous-jacents façonnent les perspectives.

Les marchés obligataires se comportent comme si la désinflation était acquise et que les baisses de taux étaient garanties. Pourtant, les pressions en amont refont surface : les prix à la production, les tarifs douaniers et les coûts unitaires de la main-d’œuvre laissent entrevoir une inflation qui pourrait persister. Le risque ne réside pas dans ce que nous observons aujourd’hui, mais dans ce que le marché ignore peut-être.

Les taux sont englués dans un piège

Les taux d’intérêt sont tiraillés entre des forces contraires. D’un côté, la politique, la stratégie budgétaire et l’état général de l’économie américaine sont autant de facteurs qui limitent la hausse des taux obligataires. En effet, la préférence du Trésor américain pour l’émission d’obligations à court terme (plutôt que d’obligations à long terme), le risque omniprésent d’outils de répression financière comme le contrôle de la courbe des taux (un outil de politique monétaire qui cible les taux d’intérêt à des points précis de la courbe des taux) et la fragilité de la demande de logements et de la demande des consommateurs (que même une légère hausse des taux d’intérêt pourrait affaiblir encore) constituent autant de plafonds. D’un autre côté, il est peu probable que les taux d’intérêt baissent considérablement. L’augmentation des dépenses budgétaires (voir le graphique 1) et les déficits publics persistants ont entraîné une offre continue d’obligations, tandis que les primes de terme élevées (la rémunération supplémentaire exigée par les investisseurs pour détenir des obligations à long terme) maintiennent les obligations à plus long terme à l’abri des mouvements de baisse. De plus, les indices des prix à la production sont de nouveau en hausse et les coûts de main-d’œuvre demeurent élevés. Ensemble, ces forces expliquent pourquoi les taux d’intérêt peuvent fluctuer à l’intérieur d’une fourchette, mais il est peu probable qu’ils s’en écartent résolument dans un sens ou dans l’autre.

Graphique 1 : Les dépenses américaines devraient monter en flèche
Graphique à barres empilées illustrant les dépenses fédérales américaines de 1980 jusqu’aux prévisions de 2035. Les dépenses augmentent de façon constante au fil du temps, avec une forte hausse en 2020 en raison des mesures pendant la pandémie. Les composantes comprennent les dépenses obligatoires (part la plus importante), les dépenses de défense, les dépenses discrétionnaires hors défense et les charges d’intérêts nettes. Les prévisions font état d’une croissance continue, les charges d’intérêts nettes augmentant rapidement en pourcentage des dépenses.
Sources : US Congressional Budget Office et Macrobond

Les récentes déclarations de la Réserve fédérale américaine (Fed) reflètent une position prudemment conciliante, favorable à un assouplissement de la politique monétaire. Lors du symposium économique de Jackson Hole à la fin d’août, le président de la Fed, M. Powell, a indiqué qu’il adopterait une position conciliante à court terme à l’égard de l’emploi, tout en réaffirmant l’engagement de la Fed à l’égard de la cible d’inflation de 2 %. Les participants aux marchés ont interprété ces remarques comme un signal de baisses de taux potentielles. En réalité, même si des réductions de taux sont effectivement anticipées dès septembre, sauf en cas de détérioration importante des données sur le marché de l’emploi, le seuil d’inflation limitera la trajectoire d’assouplissement.

Le calme au mauvais moment

Les marchés considèrent que le calme actuel est permanent. Pourtant, les pressions sous-jacentes envoient un tout autre message. Les prix à la production de base ont augmenté de 3,7 % par rapport à l’année dernière et frôlé la limite supérieure de la fourchette observée depuis 2022. La composante des salaires de l’indice du coût de l’emploi, à 3,6 % sur 12 mois, demeure nettement supérieure à sa moyenne sur 25 ans. Jusqu’à présent, les répercussions directes des tarifs douaniers sur les consommateurs ont été atténuées par les entreprises qui ont écoulé les stocks accumulés avant leur entrée en vigueur. Plus récemment, l’indépendance de la banque centrale américaine semble remise en question, ce qui a toujours été associé à une hausse de l’inflation à long terme. Par ailleurs, l’indice MOVE, qui reproduit la volatilité des marchés obligataires, se situe près de creux cycliques (voir le graphique 2), ce qui est un signe classique de complaisance. L’histoire montre que les moments de calme précèdent souvent les périodes de turbulence. Si l’inflation refait surface, le calme actuel s’avérera fragile.

Graphique 2 : Effondrement de la volatilité des marchés obligataires depuis avril
Graphique linéaire de l’indice MOVE (volatilité du marché des obligations du Trésor américain) de janvier 2023 à juillet 2025. La volatilité a atteint un sommet au début de 2023, dépassant 190 points de base, puis a suivi une tendance à la baisse avec des fluctuations. La volatilité a de nouveau bondi en avril 2025, mais a diminué progressivement pour atteindre près de 70 pb en juillet 2025.
Sources : BofAML selon ICE et Macrobond

Le grand décalage : emplois contre bénéfices

Le décalage le plus frappant est entre le marché de l’emploi et les bénéfices des sociétés. La croissance de l’emploi ralentit, les révisions à la baisse étant un thème récurrent. Aux États-Unis, la croissance de l’emploi a considérablement ralenti, avec une moyenne de seulement 35 000 créations d’emplois par mois entre mai et juillet, soit la période la plus faible depuis la pandémie. Par ailleurs, les renouvellements de demandes de prestations d’assurance-chômage sont en hausse (voir le graphique 3). Les entreprises maintiennent leur politique d’absence d’embauche et de mise à pied, ce qui signifie qu’elles conservent leur personnel, mais hésitent à embaucher de nouveaux employés. Malgré cela, les sociétés américaines affichent des résultats résilients. Les marges, les revenus et les bénéfices au cours de la dernière période de publication des résultats ont été plus élevés que prévu. Les gains de productivité, la rationalisation des activités et l’adoption précoce de l’IA pourraient y contribuer. Nous croyons toutefois que cet écart n’est pas viable. Si le marché de l’emploi continue de s’affaiblir, la demande finira par diminuer et les bénéfices seront menacés. La question de savoir si les bénéfices peuvent demeurer résilients alors que la situation de l’emploi se détériore déterminera la prochaine étape de l’orientation du marché.

Graphique 3 : Les renouvellements de demandes de prestations d’assurance-chômage donnent à penser qu’il est difficile de trouver un emploi
Graphique linéaire des renouvellements de demandes de prestations d’assurance-chômage aux États-Unis de janvier 2023 à juillet 2025. Le nombre de demandes est passé d’environ 1,55 million au début de 2023 à près de 2 millions au milieu de 2025. La série montre des périodes de stabilisation, mais une tendance générale à la hausse, ce qui laisse entrevoir un chômage plus persistant.
Sources : Département du travail des États-Unis et Macrobond

Marchés financiers

Le momentum économique a ralenti tout au long de l’été, mais les marchés boursiers ont bien résisté à la faiblesse du rapport sur l’emploi en juillet ainsi qu’à l’incertitude entourant les tarifs douaniers. En août, l’indice S&P 500 et l’indice composé S&P/TSX ont atteint des sommets historiques, l’indice VIX ayant atteint son plus bas niveau depuis mars. Depuis le début de l’année, les actions américaines ont progressé d’un peu moins de 10 %, tandis que les actions canadiennes, européennes et des marchés émergents ont inscrit des gains supérieurs à 10 %.

D’autres catégories d’actif ont enregistré des rendements moins favorables. Le rebond du pétrole brut WTI en juin s’est rapidement inversé, et les prix du pétrole brut demeurent négatifs depuis le début de l’année. L’indice du dollar américain est demeuré stable tout au long de l’été, mais il demeure négatif depuis le début de l’année.

Les taux obligataires demeurent à l’intérieur des limites établies en raison des fluctuations des discours sur les marchés et des politiques cohérentes des banques centrales. En effet, la Fed (4,25 %-4,50 %) et la Banque du Canada (2,75 %) ont maintenu leurs taux directeurs inchangés au cours de l’été. Les écarts de taux des obligations de sociétés canadiennes se sont resserrés à leurs niveaux d’avant la crise en juin et en juillet, avant de s’élargir légèrement à la mi-août, parallèlement à une forte hausse des émissions. L’indice des obligations universelles FTSE Canada est négatif depuis le début du troisième trimestre et seulement légèrement positif depuis le début de l’année.

Stratégie de portefeuille

Pour les investisseurs, le contexte actuel exige une approche sélective.

La pondération des actions dans les portefeuilles équilibrés est revenue à celle du marché, en raison de la diminution des probabilités de récession vers la fin du deuxième trimestre. Les données récentes indiquent un ralentissement graduel de l’économie plutôt qu’un repli important, ce qui a réduit le risque de baisse. Parallèlement, les actions sont maintenues à flot par de solides bénéfices. Ce décalage justifie toujours une certaine prudence, mais l’ajustement tient compte du fait que les risques de baisse ne sont pas aussi prononcés qu’au début de l’année. Dans les portefeuilles d’actions fondamentales, l’accent est mis sur la qualité. Les sociétés de grande qualité affichant une croissance durable des bénéfices demeurent des placements de base. La probabilité d’un profond ralentissement économique ayant diminué, l’exposition aux secteurs défensifs traditionnels du marché a été réduite et des placements sélectifs dans des sociétés cycliques de qualité dont les valorisations sont intéressantes ont été ajoutés.

Dans les portefeuilles de titres à revenu fixe, la stratégie demeure prudente. Comme les taux devraient rester confinés dans une fourchette, la durée est gérée de façon tactique. La forme de la courbe des taux a plus d’importance que son niveau absolu. Les taux à court terme seront ancrés par la politique monétaire, tandis que les taux à long terme seront mis sous pression par l’offre budgétaire, ce qui entraînera une accentuation des courbes de taux. Les données fondamentales du crédit demeurent favorables, mais les écarts de crédit sont trop serrés pour offrir un rendement intéressant, ce qui justifie une position neutre.

Monetary analysis suggests that the global economy will weaken into early 2025, while inflation will continue to decline. A cyclical forecasting framework, on the other hand, points to the possibility of strong economic growth in H2 2025 and 2026.

Are the two perspectives inconsistent? A reconciliation could involve downside economic and inflation surprises in H2 2024 triggering a dramatic escalation of monetary policy easing. A subsequent pick-up in money growth would lay the foundation for a H2 2025 / 2026 economic boom.

How would equities perform in this scenario? Bulls would argue that any near-term weakness due to negative economic news would be swiftly reversed as policies eased and markets shifted focus to the sunlit uplands of H2 2025 / 2026.

More likely, a significant fall in risk asset prices would be necessary to generate easing of the required speed and scale, and a subsequent recovery might take time to gather pace.

Global six-month real narrow money momentum has recovered from a major low in September 2023 but remains weak by historical standards and fell back in May – see chart 1. The assessment here is that the decline into the 2023 low will be reflected in a weakening of global economic momentum in H2 2024.

Chart 1

20240704_NSP_MMM_C1_GlobalManufacturingPMINewOrders

A counter-argument is that a typical lead-time between lows in real money and economic momentum historically has been six to 12 months. On this basis, negative fall-out from the September 2023 real money momentum low should be reaching a maximum now, with the subsequent recovery to be reflected in economic acceleration in late 2024.

The latter interpretation is consistent with the consensus view that a sustainable economic upswing is under way and will gather pace as inflation progress allows gradual monetary policy easing.

The pessimistic view here reflects three main considerations. First, economic acceleration now would imply an absence of any negative counterpart to the September 2023 real money momentum low – historically very unusual.

Secondly, the lag between money and the economy has recently been at the top end of the historical range, suggesting that a significant portion of 2023 monetary weakness has yet to feed through.

Highs in real money momentum in August 2016 and July 2020 preceded highs in global manufacturing PMI new orders by 16 and 10 months respectively, while a low in May 2018 occurred a year before a corresponding PMI trough – chart 2.

Chart 2

20240704_NSP_MMM_C2_GlobalManufacturingPMINewOrdersPaired

So a PMI low associated with the September 2023 real money momentum trough could occur as late as January 2025.

Thirdly, stock as well as flow considerations have been important for analysing the impact of money on the economy in recent years, and a current shortfall of real narrow money from its pre-pandemic trend may counteract a positive influence from the (tepid) recovery in momentum since September 2023 – chart 3.

Chart 3

20240704_NSP_MMM_C3_RatioOfG7E7RealNarrowMoneyToIndustrialOutput

The decline in real money momentum into the September 2023 low began from a minor peak in December 2022, suggesting that the PMI – even allowing for a longer-than-normal lag – should have peaked by early 2024. Global manufacturing PMI new orders rose into March and made a marginal new high in May. However, two indicators displaying a significant contemporaneous correlation with PMI new orders historically – PMI future output and US ISM new orders – peaked in January. The future output series fell sharply in June, consistent with the view that another PMI downturn is starting – chart 4.

Chart 4

20240704_NSP_MMM_C4_GlobalManufacturingPMI

Signs of weakness are also apparent under the hood of the services PMI survey. Overall new business has been boosted by financial sector strength, reflecting buoyant markets, but the consumer services component fell to a six-month low in June – chart 5.

Chart 5

20240704_NSP_MMM_C5_GlobalServicesPMINewBusiness

Could a weakening of economic momentum in H2 2024 snowball into a deep / prolonged recession? The cycles element of the forecasting process used here suggests not.

Severe / sustained recessions occur when the three investment cycles – stockbuilding, business capex and housing – move into lows simultaneously. The most recent troughs in the three cycles are judged to have occurred in Q1 2023, 2020 and 2009 respectively. Allowing for their usual lengths (3-5, 7-11 and 15-25 years), the next feasible window for simultaneous lows is 2027-28 – chart 6. Cycle influences should be positive until then.

Chart 6

20240704_NSP_MMM_C6_ActualPossibleCycleTroughYears

Major busts associated with triple-cycle lows, indeed, are usually preceded by economic booms. Such booms often involve policy shifts that super-charge positive cyclical forces. The 1987 stock market crash, for example, triggered rate cuts by the Fed and other central banks that magnified a late 1980s housing cycle peak.

Could significant policy easing in H2 2024 / H1 2025 similarly catalyse a H2 2025 / 2026 boom? Such a policy shift, on the view here, is plausible because negative economic news into early 2025 is likely to be accompanied a melting of inflation concerns.

The latter suggestion is based on the monetarist rule-of-thumb that inflation follows money trends with a roughly two-year lag. G7 broad money growth of about 4.5% pa is consistent with 2% inflation. Annual growth returned to this level in mid-2022, reflected in a forecast here that inflation rates would move back to target in H2 2024 – chart 7.

Chart 7

20240704_NSP_MMM_C7_G7ConsumerPricesBroadMoney

The forecast is within reach. Annual US PCE and Eurozone CPI inflation rates were 2.5% in May and June respectively, with a fall to 2% in prospect by end-Q3 on reasonable assumptions for monthly index changes. UK CPI inflation has already dropped to 2.0%.

G7 annual broad money growth continued to decline into 2023, reaching a low of 0.6% in April 2023 and recovering gradually to 2.7% in May 2024. The suggestion from the monetarist rule, therefore, is that inflation rates will move below target in H1 2025 and remain low into 2026.

Central banks have been focusing on stickier services inflation, neglecting historical evidence that services prices lag both food / energy costs and core goods prices. Those relationships, and easing wage pressures, suggest that services resilience is about to crumble, a possibility supported by a sharp drop in the global consumer services PMI output price index in June to below its pre-pandemic average – chart 8.

Chart 8

20240704_NSP_MMM_C8_GlobalConsumerGoodsServicesPMIOutputPrices

The approach here uses two flow measures of global “excess” money to assess the monetary backdrop for equity markets: the gap between global six-month real narrow money and industrial output momentum, and the deviation of annual real money growth from a long-term moving average.

The two measures turned negative around end-2021, ahead of 2022 market weakness, but remained sub-zero as global indices rallied to new highs in H1 2024. The latter “miss” may be attributable to a money stock overshoot shown in chart 3 – the flow measures of excess money may have failed to capture the deployment of existing precautionary money holdings.

Still, the MSCI World index in US dollars outperformed dollar deposits by only 3.9% between end-2021 and end-June 2024, with the gain dependent on a small number of US mega-caps: the equal-weighted version of the index underperformed deposits by 8.4% over the same period.

What now? The money stock overshoot has reversed. The first excess money measure has recovered to zero but the second remains significantly negative. Mixed readings have been associated with equities underperforming deposits on average historically, with some examples of significant losses. Caution still appears warranted.

An obvious suggestion based on the economic scenario described above is to overweight defensive sectors. Non-tech cyclical sectors gave back some of their outperformance in Q2 but are still relatively expensive by historical standards, apparently discounting PMI strength – chart 9.

Chart 9

20240704_NSP_MMM_C9_MSCIWorldCyclicalExTech

Accelerated monetary policy easing could be favourable for EM equities, especially if associated with a weaker US dollar. Monetary indicators are promising. EM equities have outperformed historically when real narrow money growth has been higher in the E7 than the G7 and the first global excess money measure has been positive – chart 10. The former condition remains in place and the second is borderline.

Chart 10

20240704_NSP_MMM_C10_MSCIEMCumulativeReturnVsMSCIWorld

The MPC’s forecast in November was that annual CPI inflation would average 3.5% in Q2 2024 (November 2023 Monetary Policy Report (MPR), modal forecast assuming unchanged 5.25% rates). April’s drop to 2.3%, therefore, might be considered cause for celebration.

The negative market response reflected stronger-than-expected services price inflation, with the Bank of England’s “supercore” index rising by an annual 5.7%, a disappointingly small drop from 5.8% in March. This measure strips out “volatile and idiosyncratic” components, namely rents, package holidays, education and air fares.

The MPC has encouraged a focus on services inflation, citing it as one of three key gauges of “domestic inflationary persistence”, along with labour market tightness and wage growth. This prioritisation, however, is questionable, as there is no evidence that supercore leads other inflation components, whereas those components appear to contain leading information for supercore.

Chart 1 shows annual rates of change of three CPI sub-indices: supercore services (34% weight); other components of the core CPI index, i.e. core goods and non-supercore services (43%); and energy, food, alcohol and tobacco (22%).

Chart 1

Chart 1 showing UK Consumer Prices (% yoy)

Correlation analysis of this history suggests that supercore follows the other two series: correlation coefficients are maximised by applying a five-month lag on the other core components measure and a four-month lag on energy / food inflation.

Granger-causality tests show that inflation rates of the other core components sub-index and energy / food are individually significant for forecasting supercore. By contrast, supercore terms are insignificant in forecasting equations for the other two sub-indices*.

These results admittedly are strongly influenced by post-2019 data: supercore lagged the inflation upswing and peaked later than the other components.

A notable finding is that supercore inflation has been more sensitive to changes in energy / food prices that the rest of the core index, conflicting with the notion that it is a purer gauge of domestic inflationary pressure. This is partly explained by the one-third weight of catering services in the supercore basket: the associated price index is strongly correlated with food prices.

A forecasting equation for supercore including both other sub-indices predicts a fall in annual inflation to 4.7% in July.

The latest MPR claims that monetary trends are of limited use for inflation forecasting over policy-relevant horizons. Lagged terms in broad money growth, however, are significant when added to the above forecasting equation. The July prediction is lowered to 4.5% with this addition.

A fall in annual supercore inflation to 4.7% in July would imply a dramatic slowdown in the three-month annualised rate of change (own seasonal adjustment), from over 6% in April to below 3%.

A “monetarist” view is that aggregate inflation trends reflect prior monetary conditions, with the distribution among components determined by relative demand / supply considerations. From this perspective, supercore strength is partly the counterpart of weakness in the other sub-indices. Headline CPI momentum continues to track the profile of broad money growth two years ago, a relationship suggesting a further easing of aggregate inflationary pressure into H1 2025 – chart 2.

Chart 2

Chart 2 showing UK Consumer Prices & Broad Money (% 6m annualised)

*The regressions are based on 12-month rates of change and include lags 3, 6, 9 and 12 of the dependent and independent variables.

The Fed’s preferred core price measure – the PCE price index excluding food and energy – rose by an average 0.36% per month, equivalent to 4.4% annualised, over January-March.

The FOMC median projection in March was for annual core inflation to fall to 2.6% in Q4 2024. This would require the monthly index rise to step down to an average 0.17% over the remainder of the year – see chart 1.

Chart 1

Chart 1 showing US PCE Price Index ex Food & Energy

The judgement here is that such a slowdown is achievable and could be exceeded, based on the following considerations.

First, such performance was bettered in H2 2023, when the monthly rise averaged 0.155%, or 1.9% annualised, i.e. the requirement is within the range of recent experience.

Secondly, the monetarist rule of thumb of a two-year lead from money to prices suggests a strong disinflationary impulse during H2 2024. From this perspective, any current “stickiness” may reflect the after-effects of a second pick-up in six-month broad money momentum in 2021, following the initial surge into mid-2020– see chart 2.

Chart 2

Chart 2 showing US PCE Price Index & Broad Money (% 6m annualised)

Momentum returned to a target-consistent 4-5% annualised in April 2022, subsequently turning negative and recovering only from March 2023, with the latest reading still sub-5%. Allowing for the usual lag, the suggestion is that six-month price momentum will move below 2% in H2 2024, remaining weak through next year.

A third potential favourable influence is a speeding-up of the transmission of recent slower growth of timely measures of market rents to the PCE housing component. Six-month momentum of the latter was still up at 5.6% annualised in March but weakness in the BLS new tenant rent index through 2023 is consistent with a return to the pre-pandemic (i.e. 2015-19) average of 3.4% or lower – chart 3. With a weight of 17.5%, such a decline would subtract 3 bp from the monthly core PCE change.

Chart 3

Chart 3 showing US PCE Price Index for Housing (% 6m annualised) & BLS Tenant Rent Indices (4q ma, % 6m annualised)

A modest upside inflation surprise in March has been portrayed as confirming that inflationary pressures remain sticky, warranting further delay in policy easing.

The stickiness charge is bizarre in the context of recent aggregate data. The six-month rate of change of core consumer prices, seasonally adjusted, has fallen from a peak of 8.4% annualised in July 2023 to 2.4% in March – see chart 1.

Chart 1

Chart 1 showing UK Consumer Prices & Broad Money (% 6m annualised)

Six-month momentum, admittedly, has moved sideways over the last four months. This mirrors a pause in the slowdown in six-month broad money growth in early 2022, with the relationship suggesting a resumption of the core downtrend from around May.

Claims of stickiness focus on measures of core services momentum. Such measures gave no forewarning of the inflation upswing and are unsurprisingly also lagging in the downswing.

“Monetarist” theory is that monetary conditions determine trends in nominal spending and aggregate inflation, with the goods / services split reflecting relative demand / supply considerations.

Global goods prices have been under downward pressure because of rising supply and falling input costs (until recently), resulting in a diversion of nominal demand and pricing power to services.

So a monetarist forecast is that a recovery in goods momentum is likely to be associated with faster services disinflation within a continuing aggregate inflation downswing.

A subsidiary argument to the sticky inflation view is that the MPC can afford to be cautious about policy easing because the economy is regaining momentum.

Monetary trends have yet to support a recovery scenario. Of particular concern is a continued contraction in corporate real money balances, which chimes with weakness in national accounts profits data and suggests pressure to cut investment and jobs – chart 2.

Chart 2

Chart 2 showing UK Business Investment (% yoy) & Real Gross Operating Surplus of Corporations / Real PNFC* M4 (% yoy) *Private Non-Financial Corporations

The latest labour market numbers hint at negative dynamics. LFS employment (three-month moving average) fell sharply in December / January and is now down 346,000 from a March 2023 peak. Private sector weakness has been partly obscured by solid growth of public sector employment – up by 140,000 or 2.5% in the year to December.

Ugly unemployment headlines have been avoided only because of a sharp fall in labour force participation. The unemployment rate of 16-64 year olds would have risen by 1.2 pp rather than 0.3 pp over the last year if realised employment had been accompanied by a stable inactivity rate – chart 3.

Chart 3

Chart 3 showing UK Unemployment & Inactivity % of Labour Force, 16-64 Years

Claims of labour market resilience rest partly on the HMRC payrolled employees series but this fell for a second month in March, although numbers are often revised significantly. (A previous post argued that this series has been distorted upwards by rising inclusion of self-employed workers in PAYE.)

A recent revival in housing market activity, meanwhile, could prove short-lived unless mortgage rates resume a downtrend soon. The latest Credit Conditions Survey signalled that banks plan to expand loan supply in Q2 but the balance (seasonally adjusted) expecting stronger demand fell back sharply – chart 4. Majorities continue to report and expect higher defaults, consistent with gathering labour market weakness – chart 5.

Chart 4

Chart 4 showing UK Mortgage Approvals for House Purchase (yoy change, 000s) & BoE CCS Future Demand for / Availability of Secured Credit to Households

Chart 5

Chart 5 showing UK Unemployment Rate (3m change) & Net % of Banks Reporting Increase in Default Rate on Secured Credit to Households

Six-month core CPI momentum has returned to a target-consistent level in the Eurozone and UK, with January readings of 2.1% and 1.9% annualised respectively*. US momentum is significantly higher, at 3.6% – see chart 1. What explains this gap?

Chart 1

Chart 1 showing Core Consumer Prices (% 6m annualised)

One answer is that the US CPI is overstating core pressure. The six-month increase in the Fed’s preferred core PCE measure was 1.9% annualised in December. Assuming a monthly rise of 0.4% in January (the same as for core CPI), six-month momentum would firm to 2.4% – still little different from Eurozone / UK core CPI readings.

The stronger rise in the US CPI than the PCE index reflects a higher weighting of housing rents and a faster measured increase in “supercore” services prices.

Perhaps reality lies somewhere between the two gauges, i.e. the stickiness of US core CPI momentum is at least partly genuine. If so, the US / European divergence may be explicable by monetary trends in 2021-22.

Previous posts highlighted the close correspondence between the slowdowns in Eurozone and UK six-month CPI momentum and profiles of broad money growth two years earlier. Chart 2 updates the UK comparison to incorporate January CPI data.

Chart 2

Chart 2 showing UK Consumer Prices & Broad Money (% 6m annualised)

UK and Eurozone six-month broad money momentum peaked in summer 2020 and had returned to the pre-pandemic range by late 2021. This is consistent with the reversion of six-month headline and core CPI momentum to target-consistent levels around end-2023.

US broad money momentum followed a different path, with a more extreme surge in summer 2020, a return to earth in H2 2020 and a secondary rise in H1 2021, driven partly by disbursement of stimulus checks in December 2020 and March 2021 – chart 3.

Chart 3

Chart 3 showing US Consumer Prices & Broad Money (% 6m annualised)

The sharp fall in US six-month money growth during H2 2020 was echoed by a slowdown in CPI momentum into end-2022 – much earlier than occurred in the Eurozone and UK. More recent CPI stickiness may reflect the lagged effects of the secondary monetary acceleration into mid-2021.

What does this suggest for absolute and relative prospects? The judgement here is that broad money growth of 4-5% pa is consistent with 2% inflation over the medium term. US six-month money momentum crossed below both this range and UK / Eurozone momentum in May 2022, reaching an eventual low in February 2023, at a weaker level than (later) lows in the UK / Eurozone.

Assuming a two-year lead, this suggests that US six-month core CPI momentum will move down to 2% around mid-2024 on the way to a larger (though possibly shorter) undershoot than in the UK / Eurozone.

*Eurozone = ECB seasonally adjusted CPI excluding energy and food including alcohol and tobacco. UK = own measure additionally excluding education and incorporating estimated effects of VAT changes, seasonally adjusted.

Global six-month real money growth has fallen back since early 2026, crossing below industrial output expansion in April – see chart 1. This suggests that the global economy will lose some momentum during H2, while the monetary backdrop for markets has become less favourable, at least temporarily.

Chart 1

G7 + E7 Industrial Output & Real Money (% 6m)

From a cyclical perspective, housing indicators remain weak, while the stockbuilding cycle appears to be reaching a peak, with a downswing likely to extend well into 2027.

The optimistic case is that real money growth will be supported by a reversal of the H1 boost to inflation from higher energy prices, assuming that the reopening of the Persian Gulf proves lasting, while the business investment cycle remains in an upswing driven by seemingly insatiable demand for AI compute. Still, upward pressure on financing costs from the vast spending could start to constrain momentum soon, while the disinflation lift to real money growth could be offset by slower nominal expansion, reflecting H1 interest rate rises.

A conservative view of equity market prospects, therefore, appears warranted, as least until monetary indicators give an “all-clear” signal. The cyclical framework employed here suggests that equities will perform poorly over the medium term: weak phases in the three investment cycles are scheduled to coincide at some point in 2027-28,  a condition historically associated with major bear markets.

An important recent change has been a divergence of money growth across major economies, with US expansion picking up to a level inconsistent with 2% inflation, in contrast to weakness in Europe and Japan – see charts 2 and 3. This suggests superior US near-term economic prospects and a need for opposite monetary policy adjustments. If forthcoming, these could sustain a recent recovery in the US dollar, likely acting as another headwind for markets.

Chart 2

Narrow Money (% 6m annualised)

Chart 3

Broad Money (% 6m annualised)

US monetary acceleration gathered pace after the Fed’s December decision to resume balance sheet expansion, a policy that Chair Warsh wants to reverse. Action is unlikely before late 2026 but – if combined with a near-term interest rate rise – could cause money growth to slow sharply in H1 2027.

Despite US strength, global annual broad money growth is below its pre-pandemic (i.e. 2015-19) average, reflecting softness in China as well as Europe / Japan. This suggests that inflationary pressures globally will remain contained, even if US medium-term risks are rising.

The judgement that the stockbuilding cycle is peaking is supported by the global manufacturing purchasing managers’ survey, with an average of the finished goods inventories and stocks of purchases indices reaching its fifth highest level on record in May – chart 4. Downswings in the cycle were historically associated with underperformance of cyclical sectors – notably materials, financials and communication services – versus defensive sectors, especially health care and consumer staples.

Chart 4

Global Manufacturing PMI Inventories Average of Finished goods Inventories & Stocks of Purchases

Cycle fluctuations were also reflected in prices of production inputs including electronic components as well as industrial commodities. A coming downswing could challenge optimistic forecasts for medium-term earnings growth of chipmakers and other hardware suppliers.